13 septembre, 2016

Bombe : le Vatican confirme l’authenticité de la lettre du pape François sur la « seule interprétation possible » d’“Amoris laetitia”

Ça y est, c’est confirmé. Le pape François a bien écrit une lettre aux évêques argentins de la région pastorale du Grand Buenos Aires, les félicitant pour leur projet de texte d’accompagnement du chapitre 8, le plus controversé (mais pas le seul…) d’“Amoris laetitia”. Et il leur a bien dit qu’en proposant des critères pour permettre l’accès des divorcés remariés à la communion malgré l’absence de déclaration de nullité de l’union antérieure et l’absence d’engagement de vivre comme frère et sœur, ils avaient correctement interprété le texte. Cet accès à la communion peut donc dans certains cas être décidé, selon le pape François. L’authentification de la lettre, privée à l'origine, a eu lieu par un canal quasi officiel et en plusieurs langues : c'est Radio Vatican, en collaboration avec L’Osservatore Romano, qui a diffusé la nouvelle cet après-midi. Impossible de croire que cela ait été fait contre la volonté du pape.
Mgr Victor Manuel “Tucho” Fernandez
Ainsi se trouve approuvé par le pape le premier jet (attribué à Mgr Victor Manuel « Tucho » Fernandez, auteur d’un livre sur le baiser,  Guéris-moi avec ta bouche) d’une série decritères proposés aux évêques argentins, et que même le successeur de François à Buenos Aires, le cardinal Mario Poli, avait trouvé trop forts de café lors d’une réunion du clergé de la région la semaine dernière.
La confirmation vaticane n’aura fait l’effet d’une bombe que sur ceux qui ont imaginé, voulu croire, ou voulu faire croire qu'une interprétation orthodoxe de l'exhortation apostolique Amoris laetitia était possible, ou à tout le moins désirée par le pape François.
On comprenait ce qu'ils voulaient dire : quel que soit le texte du magistère, il nous faut le lire à la lumière de la tradition de toute l'Eglise et l'interpréter en ce sens. Mais voilà. Le pape François vient de faire ouvertement le contraire. Il a interdit l'interprétation orthodoxe d’Amoris laetitia en affirmant que celle présentée aux évêques argentins était la seule possible : « Il n’y a pas d’autre interprétation. »
Il a ainsi avalisé l’idée que des divorcés remariés qui ne pourraient dans les faits prendre l’option de vivre dans la continence pourraient dans certaines situations accéder à la Pénitence et à l’Eucharistie, celles-ci étant présentées comme disposant la personne « à continuer de mûrir et de croître avec la force de la grâce ».
Il s’agit bien d’avaliser des relations objectivement adultérines et de ne plus les voir comme un obstacle – comme tout péché mortel – à la réception du Corps, du Sang, de l’Ame et de la Divinité de Notre-Seigneur. Pire, le projet présenté aux évêques argentins prévoit explicitement de passer outre au scandale que peut créer une telle décision en affirmant que la « communauté » est elle-même un « instrument de la miséricorde » chargée d’accueillir le divorcé remarié en acceptant son accès à la communion.
A vrai dire, depuis que dans l’avion qui le ramenait de Rio le pape François a quasiment annoncé des aménagements pour les divorcés remariés, tout est allé dans le même sens, depuis la manipulation du premier synode sur la famille, longuement commentée sur ce blog, jusqu’à la refonte du droit canonique sur la question des constatations de nullités et à la parution de l’Exhortation apostolique, le tout accompagné de l’explicite approbation pontificale pour le cardinal Walter Kasper, promoteur de cette révolution.
Il devient de plus en plus difficile de nier cette logique : il y avait un objectif, il a été atteint.
Il devient de plus en plus difficile d’admettre que le pape François, comme il a pu l’affirmer, ne se souvenait pas des notes de bas de page d’Amoris laetitia parlant de l’accès des divorcés remariés aux sacrements, et plus précisément à l’Eucharistie, et que tout cela n’avait pour lui guère d’importance.
Que faire maintenant ? Admettre que l’Eglise a changé, que sa doctrine a suivi la pente glissante de l’histoire, que Dieu Lui-même aménage sa loi pour la rendre plus acceptable par notre XXIe siècle apostat ?
Impossible ! Personne, pas même le pape, ne peut faire que ce qui est, n’est pas.
Il ne l’a d’ailleurs pas proclamé avec l’autorité de Pierre. Son texte – qui demeure une lettre privée – n’appartient pas au magistère par sa forme. Ne serait-ce que parce qu’il le contredit.
Ce qu’il faut noter, en revanche, c’est la manière dont l’interprétation personnelle du pape, qu’il semble avoir voulu garder discrète au moins jusqu’à aujourd’hui, a été révélée au public. Lui a-t-on en quelque sorte forcé la main en révélant ce qui devait rester confidentiel ? C’est possible. Mais en écrivant sur papier à en-tête une approbation signée de sa main, il prenait un risque évident. Si évident que les conséquences prévisibles en étaient peut-être recherchées. Il lui était en tout état de cause loisible de faire publier un démenti ; c’est le contraire qui s’est produit. L’affaire est assumée. Au moins allons-nous pouvoir avancer dans la clarté.
Je n’arrive d’ailleurs pas à ne pas faire le lien avec l’homélie prononcée ce lundi matin par le pape à Sainte-Marthe. J’y avais vu une charge contre les défenseurs de la doctrine traditionnelle de l’Eglise dès sa lecture, bien avant de découvrir la mise au point de Radio Vatican. Il a dénoncé, comme « armes puissantes » du diable pour détruire l’Eglise, « les divisions et l’argent ». Voilà ce qui est arrivé depuis le début, a déclaré le pape : « Des divisions idéologiques, théologiques, qui déchirent l’Église. Le diable sème des jalousies, des ambitions, des idées, mais pour diviser ! Ou il sème de la cupidité. (…) C’est une guerre sale, celle des divisions, c’est comme un terrorisme. »
Les divisions théologiques ? On sait qu’elles ont eu lieu dans l’histoire, et qu’elles ont même conduit à des schismes. Mais comment faire de la théologie sans distinguer entre le vrai et le faux ? C’est la recherche du vrai qui a conduit aux divisions ; au « départ » de ceux qui ne voulaient pas adhérer au vrai.
Les divisions idéologiques, théologiques seraient-elles dans l’esprit du pape François celles fomentées par les défenseurs de la doctrine traditionnelle ?
Saint Jean-Baptiste, saint Thomas More, aidez-nous…

On lira ici mes traductions du texte de Buenos Aires et de la lettre du pape, et ici des précisions sur la manière dont ils ont été rendus publiques.

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10 septembre, 2016

Précisions sur les critères d’interprétation d’“Amoris laetitia” favorables à la communion de certains divorcés remariés

A la gauche du pape, l'auteur présumé des Critères
d'interprétation, Mgr Tucho Fernandez ;
il est également présenté comme l'un des
rédacteurs d'“Amoris laetitia”

N.B. Voir ici une mise à jour à propos de ces informations.


On en sait davantage sur l’authenticité et la portée des documents évoqués ici d’après des informations rapportées sur le site Infocatolica. Au terme d’une enquête menée conjointement avec LifeSiteNews, il apparaît que les textes attribués au groupe de pastorale régionale des évêques de Buenos Aires et au pape François lui-même, présentant une interprétation d’Amoris laetitia favorable à la communion pour les divorcés remariés dans certains cas, sont authentiques, quoique non destinées à l’origine à la publicité.

L’importance de ces documents est grande dans le contexte des troubles qui agitent aujourd’hui l’Eglise, car sans constituer un quelconque « magistère » du pape François, ils lèvent le voile sur son avis personnel sur la question de la « pastorale » pour les divorcés remariés.
Leur nouveauté est de révéler pour la première fois par écrit la pensée personnelle du pape François sur la question. Il commente dans sa lettre la position soumise aux évêques argentins d’admettre dans certains cas aux sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie certains couples divorcés « remariés » qui n’auraient pas bénéficié d’un jugement de nullité de leur(s) précédent(s) mariage(s) comme « seule interprétation possible ». Le texte vient contredire la position des catholiques conservateurs qui, hésitant à croire qu’une « exhortation apostolique » puisse contenir des erreurs, ont soutenu vaille que vaille que l’interprétation juste d’Amoris laetitia, conforme à la tradition de l’Eglise, pouvait être retenue et qu’il était inimaginable que le pape ait pu vouloir autre chose.
Cette lettre privée du pape François, dira-t-on, ne relève pas du magistère et elle n’aurait même pas du être publiée. Mais puisqu’elle semble bien être authentique – elle n’a fait l’objet d’aucun démenti et le Vatican n’a pas donné suite aux demandes d’éclaircissements de LifeSiteNews – elle porte sur une sujet suffisamment controversé aujourd’hui dans l’Eglise pour qu’il faille en avoir connaissance, vu qu’elle donne la clef de lecture du pape pour Amoris laetitia telle qu’il l’a signifiée à des évêques.
Le texte proposé aux évêques de la région pastorale de Buenos Aires, explique le blog argentin « caminante-wanderer.blogspot.it », a été réalisé dans le cadre de cette organisation, puis envoyée au pape François pour avis. Celui-ci a répondu par retour, le même jour – le lundi 5 septembre – pour l’approuver avec enthousiasme, ajoutant donc à l’intention de Mgr Sergio Alfredo Fenoy, délégué de la région pastorale, que l’excellent travail accompli pour clarifier l’interprétation du chapitre 8 d’Amoris laetitia constitue une « explication complète » : « Il n’y a pas d’autres interprétations. »
Des scans de ces textes, vraisemblablement « fuités » par un prêtre de la région de Buenos Aires qui en a eu connaissance (selon des sources dignes de foi) sont en ligne ici pour le texte des évêques et encore ici pour celui portant la signature du pape François.
Le blogueur argentin qui a eu accès aux textes fournit quelques indications sur la manière dont ils ont été reçus et même contestés à Buenos Aires. Le 8 septembre, affirme-t-il, « une réunion des clercs de l’archidiocèse de Buenos Aires s’est tenue le matin, au cours de laquelle le sujet a été abordé ».
Voici ce qu’il affirme savoir :
« Certains curés ont soulevé des critiques nettes à l’égard du document pontifical et du vademecum épiscopal, des critiques qui n’ont pas été rejetées par l’autorité ecclésiastique ; au contraire, plusieurs prêtres ont manifesté, au cours de la pause, leur adhésion. 
« Mgr Victor Pinto, canoniste, a fait un exposé sur le sujet, ainsi que le cardinal Mario Poli. L’un et l’autre se sont exprimés en termes assez orthodoxes et “orthopratiques”, précisant que l’Eucharistie ne pourrait être reçue que par des divorcés remariés vivant comme frère et sœur, gardant la chasteté. 
« En revanche, l’évêque auxiliaire Mgr Alejandro Giorgi a proféré un ramassis de bêtises, ce qui pour lui relève déjà de l’habitude. 
« Les Critères élaborés dans la région ecclésiastique de Buenos Aires devraient subir, sur initiative du cardinal-archevêque, un changement de rédaction, encore non défini, avant d’être diffusés officiellement. »
Les Critères ont été conçus comme un document strictement confidentiel, dont la rédaction est attribuée « avec certitude » (selon le blogueur argentin) à Mgr Victor Manuel dit « Tucho » Fernandez qui est également volontiers présenté comme l’un des principaux auteurs d’Amoris laetitia. Ce qui expliquerait la promptitude de la réponse du pape dont il est proche.
De nombreux clercs de Buenos Aires et des dix diocèses qui forment la région pastorale du Grand Buenos Aires ont qualifié la discrétion demandée autour de ce document de « honteuse », en raison de son contenu « honteux » qu’au moins l’un d’entre eux a ressenti le besoin de « démasquer ».
Il est clair que ces Critères posent un grave problème et suscitent même le scandale en envisageant que certains divorcés remariés puissent accéder à la communion, or c’est clairement ce qu’ils affirment :
« Point n° 6. En d'autres circonstances plus complexes, et lorsqu'il n'a pas été possible d'obtenir une déclaration de nullité, l'option évoquée peut ne pas être mise en œuvre dans les faits. Nonobstant, un chemin de discernement est également possible. Si on en arrive à reconnaître que, dans un cas concret, il y a des limitations qui atténuent la responsabilité et la culpabilité (cf 301-302), particulièrement lorsqu'une personne estime qu'elle tomberait dans une nouvelle faute en faisant du tort aux enfants de la nouvelle union, Amoris laetitia ouvre la possibilité de l'accès aux sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie (cf les nores 336 et 351). Ceux-ci à leur tour dispose la personne à continuer de mûrir et de croître avec la force de la grâce. »
Une mise à jour à propos de ces informations se trouve ici.

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09 septembre, 2016

Pape François : l’interprétation d’“Amoris laetitia” comme permettant la communion pour des divorcés remariés est la seule possible

Les évêques de la région de Buenos Aires en Argentine ont envoyé aux prêtres de leur diocèse un communiqués exposant des « critères de base pour l'application du chapitre 8 d’Amoris laetitia », le plus controversé où il est question de l’accès aux sacrements de la confession et de l'Eucharistie pour les divorcés « remariés ». Dans le même temps, le document a été soumis au pape François qui a répondu le 5 septembre par une lettre où il assure que le texte des prélats argentins « explicite parfaitement le chapitre 8 d’Amoris laetitia », rapporte Infocatolica. « Il n’y pas d’autre interprétation », a écrit le pape François, alors même que les évêques argentins affirment ouvertement que l'accès aux sacrements peut-être autorisé pour certains couples remariés bien que l'un ou l'autre, ou les deux se trouve toujours lié par un précédent mariage religieux qui n'a pas été déclaré nul.
La prise de position du pape François dément absolument ses assertions selon lesquelles il n'était pas au courant ne se souvenait pas vraiment de la note de bas de page de l'exhortation apostolique qui ouvre discrètement cette possibilité. Il n'est plus question de conjectures ou d'avancées discrètes. Le pape – mais nous ne dirons pas le pape revêtu de son autorité pontificale – a tranché. A moins qu'on ait abusé de sa signature, auquel cas une mise au point du Vatican s'impose dans les plus brefs délais, François confirme toutes les craintes des catholiques attachés aux normes traditionnelles de l'église et à l'enseignement explicite du Christ. Dans le même temps, il contredit les interprétations bienveillantes d’Amoris laetitia de la part de théologiens, cardinaux, évêques et autres prêtres qui refusaient d'y voir une révolution : oui, révolution il y a. Révolution du magistère ? Quelle est l'autorité d'une simple lettre, fût-elle signée de la main du pape ?
Voici plusieurs points du communiqué envoyé par les évêques de la région de Buenos Aires à leurs prêtres.
« Point n° 5. Lorsque les circonstances concrètes d'un couple le rendent possible, spécialement lorsque les deux sont chrétiens et engagés sur un chemin de foi, on peut leur proposer l'effort de vivre dans la continence. Amoris laetitia n'ignore pas les difficultés de cette option (cf la note 329) et laisse ouverte la possibilité d'accéder au sacrement de la réconciliation en cas de défaillance par rapport à cet engagement (cf la note 364, selon l’enseignement de saint Jean-Paul II au cardinal W. Baum du 22 mars 1996). »
Mon commentaire. Il faut rappeler ici que la citation faite dans la fameuse note 329 de Gaudium et spes est frauduleuse, puisque le document de Vatican II évoquait la continence chez les époux légitimes à des fins de régulation naturelle des naissances en soulignant que cette continence pouvait mettre en danger leur fidélité. Dans Amoris laetitia, cette mise en garde est appliquée à une relation adultérine dont il s'agirait ainsi de préserver la « fidélité ». L’enseignement de Jean-Paul II évoqué ici (par simple citation d’une note d’Amoris laetitia) ne semble pas être disponible en ligne. Il s'agit simplement de souligner qu'un engagement peut être authentique même s'il y a un « probable » risque de chute, cette dernière pouvant être absoute en confession. La révolution n'est pas la.
« Point n° 6. En d'autres circonstances plus complexes, et lorsqu'il n'a pas été possible d'obtenir une déclaration de nullité, l'option évoquée peut ne pas être mise en œuvre dans les faits. Nonobstant, un chemin de discernement est également possible. Si on en arrive à reconnaître que, dans un cas concret, il y a des limitations qui atténuent la responsabilité et la culpabilité (cf 301-302), particulièrement lorsqu'une personne estime qu'elle tomberait dans une nouvelle faute en faisant du tort aux enfants de la nouvelle union, Amoris laetitia ouvre la possibilité de l'accès aux sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie (cf les nores 336 et 351). Ceux-ci à leur tour dispose la personne à continuer de mûrir et de croître avec la force de la grâce. »
Mon commentaire. Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que saint Thomas More s'est trouvé confronté à un cas analogue alors que le roi Henri VIII d'Angleterre expliquait qu'il était persuadé dans son for interne de la nullité de son mariage avec Catherine d'Aragon, la veuve de son frère, et craindre pour son salut éternel s'il demeurait avec elle. Thomas More avait refusé de l'approuver, estimant notamment que Catherine d’Aragon avait droit à un procès canonique pour établir la vérité. Thomas More y laissa sa tête ; faut-il dire avec le recul en 2016 que son sacrifice était absurde ? Est-il donc mort pour rien ?
« Point n°9. Il peut être opportun qu'un éventuel accès aux sacrements se réalise de manière discrète, surtout lorsque l'on prévoit des situations conflictuelles. Mais en même temps il ne faut pas laisser d'accompagner la communauté pour qu'elle grandisse dans l'esprit de compréhension et d'accueil, sans que cela implique de créer des confusions quant à l'enseignement de l'église à propos du mariage indissoluble. La communauté est un instrument de la miséricorde qui est “imméritée, inconditionnelle et gratuite”. »
Mon commentaire. Ici on comprend que les évêques argentins se méfient de la réaction de certains fidèles. Les voilà avertis. C'est la communauté, et non plus le prêtre dans le confessionnal qui doit dispenser la miséricorde et ne pas poser de questions sur une éventuelle inobservance des règles de l'Eglise.
Le pape François a vivement applaudi le texte dans sa lettre à Mgr Sergio Alfredo Fenoy, délégué de la région pastorale de prononcer, en le remerciant pour ce travail et en félicitant ceux qui l'ont accompli.
Voici la traduction de sa lettre :
« Mon cher frère, 
« J'ai reçu l’écrit de la région pastorale Buenos Aires “critères de base pour l'application du chapitre 8 d’Amoris laetitia”. Je vous remercie beaucoup de me l'avoir envoyé, et je vous félicite pour le travail que vous avez accompli : un véritable exemple d'accompagnement des prêtres… et nous savons tous combien est nécessaire cette proximité de l'évêque avec son clergé et du clergé avec l'évêque. Le prochain « le plus prochain » de l'évêque et le prêtre, et le commandement d'aimer son prochain comme soi-même commence, pour nous autres évêques, précisément avec nos curés. 
« L'écrit est très bon et il explicite parfaitement le sens du chapitre 8 d’Amoris laetitia. Il n'y a pas d'autre interprétation. Et je suis sûr que cela fera beaucoup de bien. Que le seigneur vous rétribue cet effort de charité pastorale. 
« Et c'est précisément la charité pastorale qui nous pousse à sortir pour rencontrer ceux qui sont éloignés, et une fois que nous les avons rencontrés, a entamé un chemin d'accueil, d'accompagnement, de discernement et d'intégration dans la communauté ecclésiale. Nous savons que cela est fatiguant, il s'agit d'une pastorale du “corps à corps” qui ne se satisfait pas des médiations programmatiques, organisationnelles ou légales, même si elles peuvent être nécessaires. Simplement accueillir, accompagner, discerner, intégrer. Parmi ces quatre attitudes pastorales, la moins cultivée, la moins pratiquée et le discernement ; et je considère urgente la formation au discernement, personnelle et communautaire, dans nos séminaires et dans nos presbytères. 
« Pour finir je voudrais rappeler qu’Amoris laetitia est le fruit du travail et de l'horizon de toute l'église, avec la médiation de deux synodes et du pape. C'est pourquoi je vous recommande une catéchèse complète de l'exhortation qui certainement aidera à la croissance, à la consolidation et à la sainteté de la famille. 
« Je vous remercie à nouveau du travail accompli et je vous encourage à aller de l'avant, dans les différentes communautés des diocèses, pour l'étude et la catéchèse d’Amoris laetitia. 
« S'il vous plaît n'oublier pas de prier et de faire prier pour moi. 
« Que Jésus vous bénisse et que la Sainte Vierge vous garde, 
« Fraternellement, François »
Je ne me risquerai pas à un commentaire.

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11 juillet, 2016

Vatican : la salle de presse contredit le cardinal Sarah sur la messe “ad orientem”

La messe célébrée “ad orientem”par le pape Benoît XVI en 2008.
La joie aura été de courte durée. Le P. Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican,  a publié ce lundi soir un communiqué annonçant que les paroles du cardinal Robert Sarah invitant sans équivoque tous les prêtres à célébrer la messe ad orientem  avaient été « mal interprétées ». C 'est un démenti cinglant, voire méchant,  qui contredit le préfet de la congrégation pour le culte divin et pour la discipline des sacrements, où le père Lombardi a précisé cependant que le cardinal avait toujours eu « la juste préoccupation de la dignité de la célébration de la messe ».

Mais aussitôt, rapporte Edward Pentin du New Catholic Register,  le P. Lombardi  a ajouté que certaines des expressions du cardinal Sarah ont été « mal interprétées comme s'ils avaient annoncé des instructions  qui diffèrent des normes liturgiques données jusqu'à présent, et des paroles du pape sur la célébration de la messe vers le peuple dans le rite ordinaire de la messe ».

Le cardinal Sarah  a déclaré lors de la conférence « Sacra Liturgia »  à Londres le 5 juillet dernier qu'il était « très important » que tous les prêtres commencent à célébrer la messe vers l'Orient, vers l'aube qui symbolise la résurrection du Christ  et son retour dans la gloire, afin d'assurer qu'« au cours de nos messes, le Seigneur soit vraiment au centre ».

 « C'est votre propre jugement pastoral qui déterminera quand et comment cela sera possible, peut-être le premier dimanche de l'Avent cette année…  serait-il un bon moment pour le faire », a déclaré le cardinal Sarah,  qui appelait tout particulièrement les évêques à conduire ainsi leurs prêtres et leurs ouailles vers le Seigneur,  et à former leurs séminaristes en ce sens.

Le P. Lombardi a tenu à dire l'inverse, citant notamment l'Institutio Generalis Missalis Romani  dans le numéro 299 qui estime « souhaitable » que la messe soit célébrée vers le peuple dès que cela est possible.

Alors que le cardinal Sarah  n'avait pas fait de distinction entre la forme ordinaire et la forme extraordinaire du rite romain, le P. Lombardi a également souligné que le pape François  a pris la peine de mentionner de manière précise  que la forme ordinaire de la messe et celle du missel de Paul VI, tandis que la messe extraordinaire, qui conserve la pratique de la célébration ad orientem, «  ne doit pas prendre la place de l'ordinaire ». Edward Pentin souligne  qu'il s'agit là d'une façon pour le P. Lombardi  de dire que la célébration ad orientem ne s'applique  pas obligatoirement à la forme ordinaire.

Il n'y a donc pas de « nouvelles directives liturgiques à prévoir à compter de l'Avent,  comme certains l'ont déduit à tort de certaines paroles du cardinal Sarah,  et il vaut mieux d'éviter d'utiliser l'expression “réforme de la réforme” en parlant de la liturgie, car cela a pu être parfois une source de malentendus »,  a déclaré le P. Lombardi.

Faut-il rappeler que l'expression  « réforme de la réforme »  était celle du Cardinal Ratzinger lui-même ? Et que le cardinal Sarah a également déclaré  à Londres le 5 juillet qu'une réforme officielle de la réforme liturgique consécutive à Vatican II ne pouvait être écarté, ajoutant que le pape François lui-même lui avait demandé de voir comment les deux formes peuvent s'enrichir mutuellement ?

Le P. Lombardi  appris soin de préciser que tout ce qu'il affirme dans ce communiqué «  a fait l'objet d'un accord lors d'une récente audience accordée par le pape au cardinal préfet de la congrégation pour le culte divin » –  c'était samedi dernier, au retour du cardinal Sarah de Londres.

Aussi bien le cardinal Nichols que le père jésuite Antonio Spadaro  ont multiplié la semaine dernière les piques contre  la proposition de célébrer  ad orientem, le premier allant jusqu'à envoyer une lettre à tous les prêtres de son diocèse afin de les décourager de célébrer de cette manière.

 Alors que le P. Lombardi passe précisément la main à Greg Burke pour prendre la direction de la salle de presse,  ce communiqué est probablement le dernier signé de sa main. On peut dire qu'il part en beauté.

P.S. Pardonnez mon long silence ici. Bousculée et débordée par divers soucis matériels, le temps m'a manqué. Il y a eu pourtant de nombreuses nouvelles, notamment l'affaire du cardinal Schönborn affirmant que « nous lisons maintenant les interventions magistérielles antérieures sur la famille dans la lumière » de l'apport d'Amoris laetitia, un vrai renversement pour ne pas dire une révolution. 

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22 juin, 2016

Le pape François “touché” par la pastorale des homosexuels d'un prêtre des Pays-Bas



Vu sur Twitter : un « aumônier des homosexuels » qui milite pour la reconnaissance de l'« amour homosexuel » a pu échanger quelques mots avec le pape François ce mercredi à l'audience place Saint-Pierre ; le P. Pierre Valkering, du diocèse néerlandais de Haarlem-Amsterdam lui a remis un livre sur l'homosexualité et s'est dit profondément touché par l'accueil qui lui a été réservé par le Saint-Père. La presse gay des Pays-Bas a donné un large écho à l'annonce de la rencontre depuis le début de la semaine. Elle était programmée.

Le livre remis au pape François est la traduction italienne d'un ouvrage paru en 2012 en néerlandais, et rassemblant des textes d'un aumônier des étudiants à Amsterdam, le père jésuite Jan van Kilsdonk, aujourd'hui disparu : au cours de son apostolat, il a accompagné jusqu'à la mort plus de deux cents hommes homosexuels victimes du sida. Le titre italien, Addio ragazzo di luce reprend littéralement le titre d'origine : Dag jonge van licht (« Au revoir, jeune homme de lumière »). C'est un recueil d'une trentaine d'oraisons funèbres prononcées à l'occasion d'autant d'enterrements, rassemblé par le P. Valkering.

« Formidable. Je suis tellement heureux ! Cela n'aurait pas pu se passer mieux ! », a déclaré Pierre Valkering après sa rencontre avec le pape François. « J'étais assis avec une vingtaine d'autres prêtres juste devant la basilique. Le pape s'est approché de moi. Quel homme gentil, aimable, il réchauffe le cœur ! J'ai activé mon meilleur italien – et le Saint-Esprit m'a vraiment aidé – je lui ai dit que ce livre peut encourager l'Eglise à réfléchir davantage à l'homosexualité parce qu'il contient un véritable trésor d'expérience sur les homosexuels, leurs amours, leurs vies et leurs peines. Le pape a répondu qu'il leur accorde une grande attention et qu'il les porte toujours dans son cœur. »

Le P. Jan van Kilsdonk assurait qu'il n'était pas lui-même homosexuel, mais il était très connu pour avoir consacré les années de sa retraite, à partir de 1982 et l'explosion du sida parmi les jeunes hommes pour sa proximité avec eux et sa bonté à leur égal.

Rien à redire, à première vue. Tout homme a besoin du salut du Christ… mais aussi d'un langage de vérité, du pardon véritable, de la rédemption fondée à la fois sur la justice et sur la miséricorde.

Le P. van Kilsdonk était quant lui d'une grande complaisance à l'égard des amours homosexuelles. Plusieurs de ses oraisons funèbres ont été traduites en français, je vous en livre un simple extrait, à propos d'un jeune médecin généraliste homosexuel, Ronald Heitkamp :

« Ronald enfant puis adolescent a dû développer ses talents durant la révolution des années 60, au moment où une nouvelle spontanéité a précipité les rôles séculaires de l’homme et de la femme dans un processus de dissolution. Cela a dû être quelque chose de stupéfiant, surtout pour Heitkamp père, lorsque son fils, rayonnant de santé et de talents, juste, bien fait, peut-être même la prunelle de ses yeux, est venu lui dire son pressentiment, puis la certitude que, plus encore que pour la relation intime et féconde entre homme et femme, il se sentait créé pour la tendresse moins codifiée entre garçon et garçon, ami et ami. Il lui a expliqué qu’il ressentait cette profonde expérience non pas comme un mauvais destin, sans perspective, mais comme une belle trouvaille du Créateur. C’était comme si, surtout dans la conscience du père, quelque chose se brisait qui n’aurait pas dû pouvoir être brisé, car le mode de vie classique de l’homme et de la femme, stabilisé par le mariage et la naissance d’enfants, semblait faire partie du dogme de l’Église mère, qui était chose sacrée aux yeux des Heitkamp. 
Bien sûr, cet affrontement a laissé des traces douloureuses dans l’âme de Ronald. Mais c’est seulement ici que le miracle commence. Ronald n’a pas douté un seul instant de la bonne foi de son père. Tout en comprenant que cette incapacité venait aussi de la timidité et du verrouillage mental dont sont victimes les Heitkamp, il a toujours senti que son père valait mieux, dans le fond de son cœur, que cette doctrine et que ce modèle culturel. »

Selon la vaticaniste néerlandaise Andrea Vreede, le fait que Valkering ait pu remettre personnellement le recueil au pape François est « remarquable ». « Tous les jours, le pape est submergé par les demandes. C'est lui qui décide d'y répondre ou non. La remise de ce livre lui a été proposée, il y a réfléchi et a dit “oui” de manière délibérée », a-t-elle déclaré, ajoutant que le « tabou » de l'homosexualité ne changera sans doute pas au sein de l'Eglise catholique : « Mais au moins, ce pape est prêt à écouter. »

De son côté, Valkering milite ouvertement pour la modification de la doctrine de l'Eglise sur ce point, pour en finir avec l'idée que les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés », rapporte la chaîne catholique néerlandaise KRO.

Le groupe de travail des « Homo-Pasteurs Catholiques » a dit espérer que la remise du livre au pape « aura des effets positifs sur la pensée de l'Eglise à propos de la vie amoureuse des homosexuels ».




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31 mai, 2016

Mgr Schneider répond à “The Remnant” : “Amoris laetitia” est il susceptible d’une interprétation authentique ?

Mgr Athanasius Schneider
Rome, 2009 (photo Olivier Figueras)
Dans une lettre ouverte à Mgr Athanasius Schneider, la revue catholique américaine The Remnant posait le 9 mai, sous la plume de Christopher Ferrara, la question de savoir si l'Exhortation apostolique Amoris laetitia est susceptible, comme il a pu sembler le dire, d'une « interprétation authentique ». Interprétation que l'évêque auxiliaire d'Astana suppliait Rome de donner. Mgr Schneider vient de répondre à cette demande par une lettre dont il a autorisé The Remnant à publier le contenu. Je vous en propose ici ma traduction, en commençant par le courriel adressé à Michael Matt, responsable éditorial de la revue, suivie de la réponse à l’auteur de la lettre ouverte. – J.S.
Cher M. Matt,
Merci pour vos salutations. J'ai fait une réponse à la lettre ouverte de The Remnant, que vous trouverez en pièce jointe et que je vous autorise à publier. Que Dieu vous bénisse abondamment, vous et votre apostolat pour la foi catholique. Avec mes salutations cordiales en Jésus et Marie,
+ Athanasius Schneider


26 mai 2016
Cher M. Christopher Ferrara,
Le 9 mai 2016 vous avez publié sur le site de The Remnant une lettre ouverte concernant la question de l'Exhortation apostolique Amoris laetitia.
En tant qu’évêque, j'éprouve de la reconnaissance et en même temps un encouragement à recevoir d'un laïc catholique une manifestation aussi claire et belle du sensus fidei par rapport à la vérité divine sur le mariage et la loi morale.
Je suis en accord avec vos observations par rapport aux expressions d’Amoris laetitia (AL), spécialement dans son huitième chapitre, qui sont fortement ambiguës et trompeuses. En utilisant sa raison et en respectant le sens exact des mots, on peut difficilement interpréter certaines expressions d’AL conformément à la Tradition sainte et immuable de l'Eglise.
Dans AL, il y a évidemment des expressions qui sont évidemment en conformité avec la Tradition. Mais ce n'est pas ce qui est en cause ici. Sont en cause les conséquences naturelles et logiques des expressions ambiguës d’AL.
En vérité, elles contiennent un vrai danger spirituel, qui provoquera de la confusion doctrinale, une diffusion rapide et facile de doctrines hétérodoxes concernant le mariage et la loi morale, ainsi que l'adoption et la consolidation de la praxis qui autorise les divorcés remariés à accéder à la sainte communion, une praxis qui aura pour effet de banaliser et de profaner, pour ainsi dire, d'un seul coup trois sacrements : les sacrement de mariage et de pénitence, et celui de la très Sainte Eucharistie.
En ces temps sombres qui sont les nôtres, ou Notre Bien-aimé Seigneur semble dormir dans la barque de sa Sainte Eglise, tous les catholiques, à commencer par les évêques et jusqu'au plus simple des fidèles, qui prennent encore au sérieux leurs vœux baptismaux, doivent d'une seule voix (una voce) faire une profession de fidélité, en énonçant concrètement et clairement toute ces vérités catholiques qui dans certaines expressions d’AL sont mises à mal, ou défigurées par l'ambiguïté. Cela pourrait prendre la forme d'un « Credo » du peuple de Dieu. AL est à l'évidence un document pastoral (cela veut dire qu’il a par nature un caractère temporel) et il n'a aucune prétention a un caractère définitif. Nous devons éviter de « rendre infaillible » chaque mot et chaque geste d'un pape en exercice. Cela est contraire à l'enseignement de Jésus et à toute la Tradition de l'Eglise.
Une telle appréhension, une telle application totalitaires de l'infaillibilité pontificale ne sont pas catholiques, elles sont en définitive mondaines, comme dans une dictature ; cela va contre l'esprit de l'Evangile et des Pères de l'Eglise. Outre cette possible profession de fidélité commune que je mentionnais plus haut, il doit également être fait à mon sens, par des spécialistes compétents de théologie dogmatique et morale, une analyse solide de toutes les expressions ambiguës et objectivement erronées dans AL. Une telle analyse scientifique doit être faite sans colère ni partialité (sine ira et studio) et par filiale déférence envers le vicaire du Christ.
Je suis convaincu que dans des temps à venir les papes seront reconnaissants de ce que des voix se soient élevées, de quelques évêques, théologiens et laïcs, en des temps d'une grande confusion. Vivons pour l'amour de la vérité et de l'éternité, pro veritate et aeternitate.
+ Athanasius Schneider,

évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte Marie d’Astana.

(Traduction non officielle par Jeanne Smits.)

Mgr Schneider et le cardinal Burke (encore évêque à l'époque),
Rome, 17 octobre 2009 lors d'un colloque sur la messe traditionnelle.
© Photo Olivier Figueras

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22 mai, 2016

Anca-Maria Cernea dénonce le “marxisme culturel” et appelle à la “bataille spirituelle” au Rome Life Forum

Je vous propose aujourd'hui, avec l'aimable accord de l'auteur, ma traduction intégrale de la conférence donnée par Anca-Maria Cernea lors du “Rome Life Forum” les 6 et 7 mai derniers. Anca-Maria Cernea est ce médecin catholique roumain, fille d'un opposant au communisme qui a passé 17 années de sa vie en prison, qui en tant qu'observatrice officielle au synode en octobre dernier a osé interpeller les pères synodaux en les rappelant à leur devoir de reconnaître que la défense de la famille est aujourd'hui une « bataille spirituelle ». Le marxisme et les ressorts de la Révolution marxiste-léniniste n'ont pas de secrets pour elle.
Dans sa conférence, Anca-Maria Cernea a exposé la manière dont le marxisme a œuvré, et œuvre toujours, à la destruction de la famille et de la moralité dans le monde.
Elle fait le lien entre cet assaut contre l'ordre naturel voulu par Dieu et le message de Fatima, avertissant que la Russie allait répandre ses erreurs à travers le monde. – J.S.
Voici les premières lignes de cette conférence :
L'une des meilleures interventions lors du synode sur la famille, l’année dernière, aura celle de Mgr Fülöp Kocsis, archevêque métropolitain de l'Eglise grecque catholique de Hongrie. Il disait que les attaques contre la famille ne sont pas de simples « défis », ainsi que l'avaient suggéré certains pères synodaux ; et qu'elles ne sont pas non plus expliquées par les facteurs économiques ou sociologiques que présentait le document de travail du synode.
Mgr Fülöp a déclaré que le synode devait clairement affirmer ceci : Ces attaques sont contraires au plan divin, elles proviennent du malin. Et de citer saint Paul : « Nous avons à combattre, non contre des hommes de chair et de sang, mais contre les principautés et les puissances, contre les princes du monde, c’est-à-dire, de ce siècle ténébreux, contre les esprits de malice répandus dans l’air. »
Une autre intervention courageuse a été celle de Mgr Tomash Peta, archevêque du Kazakhstan. Citant Paul VI, il a dit que la « fumée de Satan » pouvait se distinguer même dans les discours de certains pères synodaux.
Ces deux interventions résument notre problème.
1. La guerre contre la famille et la vie humaine innocente est une guerre spirituelle.
2. Cette guerre est aujourd'hui livrée l'intérieur même de l'Eglise.
Comme l'a souligné le philosophe brésilien Olavo de Carvalho, plus souvent qu'à notre tour, hélas, nous entendons aujourd'hui deux types d'homélie dans l'Eglise : le premier est totalement idéologique, pratiquement en faveur des « principautés et des puissances ». L'autre est dirigée presque exclusivement contre l'immoralité sexuelle, la corruption matérielle, le consumérisme, l’hédonisme et d'autres péchés terrestres – ce qui revient à combattre uniquement « la chair et le sang », et non « les principautés et les puissances ».
Lorsqu'on parle de l'assaut contre la famille en Occident, il y a un cliché très répandu selon lequel il a pour cause le consumérisme, l'hédonisme, l'individualisme, et des groupes d'intérêts animés par le désir impitoyable du profit matériel. C'est ce que nous entendons très souvent à l'Eglise.
Cette approche ne vise que la chair et le sang et oublie les esprits mauvais.
Le consumérisme et l'individualisme ne sont pas la cause, mais des facteurs favorables. Ils réduisent la résistance morale des personnes et des sociétés. Mais ils ne sont pas la cause.
L'attaque contre la famille et la vie humaine fait partie d'une tentative révolutionnaire plus large en vue de redessiner la société humaine et la nature humaine.
Sa motivation est spirituelle. C'est une forme de révolte contre Dieu, contre sa loi morale et contre l'ordre de sa Création…


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